Le conseiller fédéral Martin Pfister a présenté aujourd’hui la réorientation de l’armée axée sur la capacité de défense. Il ne s’agissait pas d’une nouvelle étape de transformation, mais d’un nouveau concept global cohérent. Le DDPS lance ainsi une réforme radicale attendue depuis longtemps. L’Alliance Sécurité Suisse soutient le Conseil fédéral dans cette démarche.
Avec la réorientation de l’armée, le conseiller fédéral Martin Pfister s’attaque à une question qui aurait dû être traitée depuis longtemps : l’orientation de l’armée vers la capacité de défense. Cela permet de mettre en œuvre les principales revendications de l’Alliance Sécurité Suisse.
Conception globale nécessaire
Le conseiller fédéral Martin Pfister a présenté les lignes directrices d’un concept global cohérent : les lignes directrices du Conseil fédéral en matière de défense ainsi que la stratégie du Conseil fédéral en matière d’armement définissent le cadre nécessaire pour recentrer désormais l’armée, selon une approche descendante, sur sa mission principale, tout en intégrant dans cette réorientation les évolutions technologiques fulgurantes sur le champ de bataille.
Le conseiller national Reto Nause (Le Centre), président de l’Alliance Sécurité Suisse « Suisse sûre », se montre satisfait : « Le conseiller fédéral Martin Pfister a surpris tout le monde. Il n’a pas présenté un simple rafraîchissement de façade, mais une rénovation en profondeur : cette réorientation englobe la conception des engagements, l’organisation, la planification de l’armement et les besoins financiers. Le DDPS réussit ainsi le tournant décisif qui s’imposait depuis longtemps. » Les lignes directrices en matière de défense constituent ainsi le fondement stratégique de l’orientation de la politique de sécurité, mais elles établissent également la norme réclamée depuis longtemps en matière de planification cohérente axée sur les capacités.
Le financement est déterminant
Les réorientations, les restructurations et l’équipement nécessitent des moyens financiers. Rappelons-nous la réforme de l’armée XXI, dont la mise en œuvre insatisfaisante était en grande partie due à un manque de moyens financiers. Cela ne doit plus se reproduire. La menace qui ne cesse de croître en Europe est trop pressante. Heinz Theiler (PLR), conseiller national et vice-président de l’Alliance Sécurité Suisse, souligne : « Aussi louables que soient les intentions du Conseil fédéral, elles ne pourront pas être mises en œuvre si les moyens financiers nécessaires ne sont pas débloqués. Il appartient désormais au Parlement de garantir définitivement le financement, y compris la création du fonds d’armement. Il n’y a plus d’excuses à invoquer en raison d’un manque de directives stratégiques. »
Les investissements destinés à faire face aux menaces les plus probables constituent une concession en matière de politique budgétaire
Les investissements les plus urgents doivent être consacrés aux menaces les plus probables. Le prétexte consistant à se concentrer sur les menaces probables s’est déjà révélé problématique par le passé. Il a conduit à un démantèlement radical des capacités liées à la défense et, par là même, à une rupture flagrante avec la mission fondamentale de l’armée telle que définie par la Constitution. Les restrictions imposées par le manque de moyens financiers ne doivent en aucun cas conduire à édulcorer les objectifs qui doivent être poursuivis. Le fait que, dans le cadre de l’objectif global, une priorisation s’opère en raison du manque de moyens financiers (espace aérien, cyber, attaques hybrides) est purement dicté par des considérations de politique budgétaire. Le vice-président de l’Alliance Sécurité Suisse, le conseiller national Michael Götte (UDC), appelle donc à faire preuve d’honnêteté envers les citoyennes et citoyens : « Il faut communiquer en toute transparence que la priorité accordée à la défense aérienne, à la cybersécurité et aux attaques hybrides est motivée par des raisons financières. La puissance de feu et la mobilité protégée restent indispensables. »
Il faut saluer l’articulation entre le développement technologique et la base industrielle
L’Alliance Sécurité Suisse se félicite que le concept global accorde une place importante à l’intégration technologique. La guerre en Ukraine nous enseigne que des cycles d’innovation rapides et la capacité d’intégration sont des facteurs déterminants pour la valeur de notre propre capacité de défense.
Reto Nause, président du Conseil national : « Nous sommes heureux que le DDPS adopte ici une vision intégrée de la capacité de défense, de la technologie et de la base industrielle. Aujourd’hui, il est indispensable d’envisager ces domaines de manière globale. Le seul bémol est que nous avons, sans raison valable, étouffé notre propre industrie de l’armement. Avec la votation à venir sur la révision de la loi sur le matériel de guerre, nous avons la possibilité de corriger cela. »

