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La capacité de défense doit être financée – les parlementaires sont appelés à agir

Leopard 2

La situation en matière de politique de sécurité se détériore à vue d’œil. Pour rétablir sa capacité de défense, l’armée a besoin d’un budget d’au moins un pour cent du produit intérieur brut (PIB) d’ici 2030. Avec le budget 2024, le Parlement doit donc mettre à disposition de l’armée suffisamment d’argent pour la planification financière 2025-2027. Le Conseil des Etats a eu raison d’augmenter le budget de l’armée la semaine dernière. La majorité du Conseil national (PS, Verts, PVL, PEV et centre) n’a cependant pas suivi cette proposition. L’affaire passe donc en phase d’élimination des divergences. L’Alliance Sécurité Suisse appelle les parlementaires bourgeois à respecter le principe constitutionnel de la défense nationale.

 

Près de vingt-cinq ans se sont écoulés, durant lesquels nous avons pu vivre en sécurité et en paix sur notre continent. Le monde politique s’est senti faussement en sécurité et a donc réduit progressivement les dépenses pour l’armée. Aujourd’hui, la situation est différente : les conditions géopolitiques se sont fortement détériorées. En Ukraine, la contre-offensive n’a pas eu le succès escompté. Une longue bataille d’usure se profile à l’horizon. Au Proche-Orient, un conflit armé brutal oppose Israël et le Hamas. En Chine, les tensions avec les pays voisins augmentent, notamment avec Taïwan.

 

Les pays étrangers réagissent : pour les pays de l’OTAN, l’objectif est de 2 pour cent du PIB. L’Autriche double les dépenses d’ici 2027 pour atteindre 1,5% du PIB (actuellement, 0,7% du PIB également pour les dépenses militaires, comme la Suisse). Le Bundestag allemand a voté un fonds spécial de 100 milliards d’euros pour la Bundeswehr. Et en Suisse ? L’armée a dû subir d’importantes coupes budgétaires par le passé. De graves lacunes en matière de capacités se révèlent. De nombreux systèmes arriveront en fin de vie dans les prochaines années et devront être remplacés. Si la Suisse hésite, alors:

 

– de nouvelles lacunes en matière de compétences font leur apparition ;

– des coûts supplémentaires importants sont générés. Les systèmes plus anciens doivent être exploités au-delà de leur durée d’utilisation prévue ;

– la Suisse doit faire la queue pour de nouvelles acquisitions et s’accommoder de délais de livraison plus longs ;

– il en résulte une faille de sécurité extrêmement préoccupante pour notre pays.

 

Parallèlement, le budget est déséquilibré. La Confédération s’est surpassée et devra mettre la pédale douce dans les années à venir pour éviter les déficits. La lutte pour la répartition des fonds publics devient encore plus dure pour la sécurité. Les ONG qui profitent de l’aide au développement sont par exemple alarmées : à Berne, plus de 1877 postes à temps plein travaillent pour l’aide au développement et génèrent des dépenses propres élevées (salaires). A cela s’ajoutent des centaines de millions de fonds de soutien pour les ONG locales. En automne 2023, ces milieux ont tenté d’obtenir que la reconstruction de l’Ukraine ne soit pas financée par le pot commun de l’aide au développement, mais par d’autres sources, par exemple l’armée. L’Alliance Sécurité Suisse s’y est opposée.

 

Comment continuer ? En tenant compte des deux principes constitutionnels (défense nationale et frein à l’endettement), le Parlement et le Conseil fédéral doivent trouver un moyen d’équilibrer les finances sans mettre en péril la sécurité du pays. L’année prochaine, le budget 2025 sera débattu et devra respecter le frein à l’endettement. Il est donc temps que la Confédération fixe des priorités. L’une des principales priorités doit être que l’armée puisse à nouveau défendre et remplir le mandat constitutionnel de la défense nationale. Au vu de l’évolution de plus en plus dangereuse de la situation, d’autres secteurs doivent désormais se serrer la ceinture. L’Alliance Sécurité Suisse appelle donc les parlementaires à respecter le principe constitutionnel de la défense nationale.